Comment planifier sa retraite

Consultez notre Guide RRQ pour plus d’informations sur le sujet.

La situation actuelle

Selon une règle générale en planification financière, le capital minimum nécessaire à la retraite devrait représenter entre 10 et 15 fois votre revenu annuel. Sur cette base, le capital moyen accumulé au Canada devrait s’élever à au moins 500 000 $ par personne, ou 700 000 $ par couple.

La réalité est tout autre. Si l’on exclut les 20 % d’individus les plus fortunés, l’épargne moyenne des Canadiens de 55 à 64 ans peine à franchir le cap des 100 000 $. La situation est d’autant plus préoccupante chez les jeunes : près de la moitié des 18-30 ans n’ont pas encore amorcé de stratégie d’épargne.

La planification de retraite est-elle importante?

La médecine et la génétique progressent, et l’espérance de vie au Québec figure parmi les plus élevées au monde. Aujourd’hui, un homme de 65 ans peut raisonnablement s’attendre à vivre au-delà de 84 ans, et une femme au-delà de 86 ans. Certains démographes prédisent même que l’espérance de vie moyenne pourrait frôler les 100 ans d’ici la fin du siècle.

Si cette longévité est une excellente nouvelle pour notre qualité de vie, elle représente un risque financier majeur pour la retraite.

Combien d’argent faut-il avoir accumulé à 65 ans s’il nous reste encore le tiers, voire la moitié de notre vie à financer ? La planification de retraite sert précisément à répondre à cette question en clarifiant deux objectifs fondamentaux :

  • Déterminer l’âge exact où vous aurez l’indépendance financière pour cesser de travailler.
  • Définir et sécuriser le niveau de vie que vous désirez maintenir.

Définir l’âge de la retraite

Pour la majorité des travailleurs, choisir l’âge de la retraite implique un compromis direct entre le temps libre et le niveau de dépenses permis. Un retraité précoce profite de sa liberté plus longtemps, mais commence à décaisser son capital plus tôt, ce qui augmente le risque de l’épuiser.

Reporter la retraite de quelques années est souvent l’ajustement le moins contraignant pour maintenir ses habitudes de vie. Cela permet d’écourter la période de décaissement tout en accumulant du capital supplémentaire.

Pour éclairer cette décision, un planificateur analyse quatre éléments :

  1. Les projets personnels (voyages, transfert d’entreprise, legs).
  2. Le niveau de dépenses projeté par rapport au capital actuel.
  3. La proportion de revenus garantis (rentes, pensions) par rapport aux revenus non garantis (placements).
  4. L’état de santé actuel et l’historique familial.

Définir vos besoins à la retraite 

Vos besoins à la retraite dépendent de trois principaux facteurs:

  1. Votre niveau de vie
  2. Le nombre d’années qu’il reste à vivre
  3. L’indexation de vos revenus et le rendement réel de votre épargne

Uniquement une fois ces hypothèses identifiées, il sera possible d’estimer le capital nécessaire à accumuler à l’aube de la retraite et développer un plan d’épargne conséquent.

1. Le niveau de vie

La prémisse de base est que vous souhaiterez maintenir un train de vie similaire à celui de vos années actives. Si la nature de vos dépenses changera, le coût global tend à se maintenir.

  • Ce qui disparaît : Remboursement de l’hypothèque, épargne-retraite, dépenses liées aux enfants, assurances vie temporaires.
  • Ce qui apparaît : Loisirs, voyages, rénovations, et éventuellement, des soins de santé privés.

Le calcul rapide : Revenus nets annuels actuels MOINS l’épargne annuelle = Votre coût de vie réel.

2. Le nombre d’années restantes à vivre

Un néo-retraité de 65 ans en bonne santé a potentiellement 25 à 35 années devant lui. Cela signifie que pour chaque année de travail passée sans épargner, il faut redoubler d’efforts l’année suivante.

En planification, se baser uniquement sur l’espérance de vie moyenne est dangereux : cela implique mathématiquement 50 % de chances d’y survivre (et donc, de manquer d’argent). Les planificateurs financiers utilisent les normes de l’Institut québécois de planification financière (IQPF) pour cibler une probabilité de survie beaucoup plus sécuritaire, généralement entre 10 % et 25 %.

Si vous dépendez de revenus non garantis (vos REER/CELI), le risque d’épuiser le capital est élevé. On planifie alors prudemment pour une probabilité de survie de 10 % (ce qui allonge l’horizon de planification vers 90-95 ans).

Si vos revenus sont garantis (ex.: fonds de pension à prestations déterminées), le risque est faible. On peut viser une probabilité de survie de 25 %.

3. L’indexation des revenus et le rendement réel du capital

À la retraite, vos flux de trésorerie proviendront de cinq sources potentielles :

  1. L’épargne personnelle (REER, CELI, comptes non enregistrés).
  2. Les prestations gouvernementales (RRQ, PSV).
  3. Les régimes de pension d’employeur (RPA).
  4. Le capital d’entreprise (pour les entrepreneurs).
  5. Les actifs immobiliers.

Un plan de décaissement viable doit intégrer l’inflation. Une forte inflation érode le pouvoir d’achat de vos liquidités et diminue la valeur réelle des rentes non indexées.

Le risque d’inflation est mitigé par une répartition d’actifs stratégique. Un portefeuille de retraite résilient inclut :

  • Des actions d’entreprises solides versant des dividendes croissants.
  • Des obligations à rendement réel ou des actions privilégiées à taux variable.
  • Des titres liés aux matériaux ou à l’énergie.
  • Des actifs réels (immobilier, infrastructures).

Le processus : 7 étapes vers une retraite confortable

La planification de la retraite sert à réduire votre anxiété financière et à optimiser la fiscalité de vos décaissements jusqu’au décès. C’est la raison numéro un pour laquelle les familles consultent un planificateur financier.

Voici la séquence que nous suivons pour structurer votre avenir :

1.Définir les objectifs:

Clarifier vos priorités, vos projets de vie et l’âge ciblé pour la retraite.

2.Faire le bilan:

Étayer votre situation financière actuelle et inventorier toutes les sources de revenus futures (RRQ, pensions, placements).

3.Déterminer les besoins nets:

Chiffrer le coût de vie annuel requis pour maintenir votre style de vie à la retraite.

4.Évaluer la cible de capital:

Calculer le montant exact à accumuler pour couvrir la différence entre vos revenus garantis et vos besoins.

5.Ajuster la stratégie d’épargne:

Définir les montants à investir dès maintenant (REER, CELI) en fonction de votre budget actuel pour combler l’écart.

6.Fixer des jalons annuels:

Identifier des objectifs d’épargne et de rendement mesurables année après année.

7.Mettre en œuvre et réviser:

Déployer les stratégies fiscales et d’investissement, puis ajuster le plan annuellement selon les aléas de la vie

Sources

1 BlackRock 2015 Global Investor Pulse Survey, cité par Money Sense 27 0ctobre ‘15
2 Étude de TC Media et Credo Consulting (2016)
3 Statistique Québec, Bulletin sociodémographique, volume 25, numéro 3. Mars 2021
4 Institut de la statistique du Québec, L’espérance de vie des générations québécoises : observations et projections, 2016
5 https://www.iqpf.org/Nouvelle/2022/04/28/default-calendar/l-iqpf-et-fp-canada-publient-les-normes-d-hypoth%C3%A8ses-de-projection-2022

Cet article a été rédigé par Marc-Olivier Desmarais, CPA, Pl. Fin.

Il est détenteur d'un permis de planificateur financier indépendant, conseiller en sécurité financière et de représentant en épargne collective chez Services en Placements PEAK. Sa pratique est encadrée par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) et par l'Institut Québécois de Planification Financière (IQPF).

Contactez le ici pour une consultation en planification financière.

marc-olivier desmarais planificateur financier indépendant

Continuez votre lecture vers: