Calcul d’épargne pour la retraite

Consultez notre Guide RRQ pour plus d’informations liés au sujet.

La situation de Stéphanie, 36 ans

  • Elle a un REER de 48,000 $, un CELI de 45,000 $ et un compte de placements non enregistré de 3,300 $.
  • Elle a un coût de vie de 47,000 $.
  • Elle cotise 11 % de ses revenus d’entreprise net à son REER et 4% au CELI.
  • Son épargne annuelle devrait augmenter en fonction de la croissance de ses revenus.
  • Elle aura droit à une rente de retraite du Régime de rentes du Québec (RRQ) de 19 900 $ à partir de 65 ans.

Les objectifs

  • Déterminer si ses habitudes actuelles lui permettront de financer sa retraite

Qu’est-ce qu’un planificateur financier dirait?

1. Le risque de longévité (Planifier jusqu’à 97 ans)

Nous viserons à sécuriser son niveau de vie actuel au moins jusqu’à l’âge de 97 ans. Pourquoi 97 ans ? Parce que pour une femme en bonne santé, les normes de planification financière accordent une probabilité de 25 % d’être toujours en vie à cet âge.

Planifier un décès plus hâtif (par exemple, à l’espérance de vie moyenne de 86 ans) lui permettrait de dépenser plus d’argent à 65 ans, mais la placerait dans une situation de grande précarité financière si elle survit plus longtemps.

2. L’intégration des rentes gouvernementales (RRQ et PSV)

À partir de 65 ans, Stéphanie pourra compter sur deux sources de revenus garantis et indexés à l’inflation :

  • Le RRQ : Sa rente estimée de 19 900 $ viendra couvrir une bonne partie de ses besoins de base. Une fois en vigueur, cette rente est entièrement imposable.
  • La Sécurité de la vieillesse (PSV) : En plus du RRQ, Stéphanie deviendra admissible à la pension fédérale de la PSV, qui s’élève à environ 760 $ par mois en 2026 (soit un peu plus de 9 100 $ par an).

La stratégie de report : Pour gérer le risque de longévité, Stéphanie aura l’option de retarder le début de ses paiements gouvernementaux en échange de bonifications à vie :

  • La PSV peut être reportée d’un maximum de 5 ans (jusqu’à 70 ans).
  • Le RRQ peut désormais être reporté d’un maximum de 7 ans (jusqu’à 72 ans).

Toutefois, ce genre de décision n’a pas à être pris avant la soixantaine. Beaucoup de choses peuvent changer d’ici là, il est donc prématuré d’analyser ces options de décaissement aujourd’hui.

3. La stratégie fiscale : REER vs CELI

À l’exception des rentes publiques, le REER de Stéphanie constituera sa principale source de revenus imposables à la retraite.

Le CELI en appui : Le CELI (4 %) demeure un outil formidable de façon accessoire. À la retraite, si Stéphanie a besoin de liquidités supplémentaires (pour un voyage ou une urgence), retirer quelques milliers de dollars de son CELI plutôt que de son REER lui évitera de sauter dans un palier d’imposition supérieur, optimisant ainsi sa facture fiscale globale.

La priorité au REER : Puisque le revenu d’entreprise actuel de Stéphanie est supérieur au revenu de 47 000 $ qu’elle prévoit avoir à la retraite, elle se trouve aujourd’hui dans une fourchette d’imposition plus élevée. Les déductions fiscales que lui procure son REER maintenant valent donc plus cher que l’impôt qu’elle paiera lors des retraits à 65 ans. C’est la mécanique parfaite du REER. Elle doit donc continuer de prioriser le REER.

Conclusion et recommandations

En projetant la croissance de ses placements jusqu’à l’âge de la retraite, Stéphanie détiendra tout juste les fonds nécessaires pour soutenir son coût de vie actuel de 47 000 $ net.

Son taux d’épargne combiné de 15 % fonctionne très bien, mais sa marge de manœuvre est mince. Si son coût de vie augmente plus vite que l’inflation (l’inflation du style de vie), elle sera incapable de maintenir ce rythme à la retraite.

Recommandation : Pour garantir l’atteinte de ses objectifs, elle doit impérativement maintenir une stricte discipline : continuer d’épargner au moins 11 % de ses revenus bruts au REER et au moins 4 % au CELI, et s’assurer d’augmenter le montant en dollars chaque fois que son entreprise génère plus de profits.

Cet article a été rédigé par Marc-Olivier Desmarais, CPA, Pl. Fin.

Il est détenteur d'un permis de planificateur financier indépendant, conseiller en sécurité financière et de représentant en épargne collective chez Services en Placements PEAK. Sa pratique est encadrée par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) et par l'Institut Québécois de Planification Financière (IPF).

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marc-olivier desmarais planificateur financier indépendant

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